• La mare aux Poulpikets. Chloé

    Les croqueurs de mots

    La mare aux Poulpikets. Chloé

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    Défi N°174

    Raconter une histoire qui met en scène

    Trois personnages

     Jules

    Jeanne et sa cane;

    Un personnage de petite taille 

    Lieu

    Une mare près de l'église

    Objet

    Une pendule

     

     

    La mare aux Poulpikets

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    Dans un petit hameau de Bretagne, au pied des monts d’Arrée, courait une rumeur étrange  qui provoqua l’émoi de tous les villageois.

     

    Sur la place du village, on ne parlait que de ça ! La mare près de l’église  était ensorcelée ! Plus un canard n’y barbotait, plus une grenouille rousse n’y coassait, le bel héron cendré ne s’y abreuvait plus et dans le fond de l’eau pas  l’ombre d’un gardon. Les pêcheurs avaient tous désertés et  même la cane de Jeanne, qui  dans le reflet de l’eau aimait tant se mirer,  faisait sa forte tête, refusant d’s’y  baigner.

    Jules, le maire du village et le mari de Jeanne, pourtant fort occupé, en voyant son village à ce point dépité et la cane de Jeanne tellement désespérée, décida donc d’agir. L’affaire était sérieuse, il fallait la régler

    Voulant tirer au clair, cette curieuse histoire, sur la place de l'église  où se trouvait la mare, Jules convia le conseil  et tous les villageois. Chacun exprima ses idées et  il fût décidé  à l’unanimité, des actions à mener.

    La mare fût vidée pour voir si par hasard, elle était polluée, mais l’eau analysée fut de bonne qualité et ne révéla pas la moindre anomalie.

    Les nappes souterraines furent également sondées et  la qualité de l’air  aussi expertisé mais à nouveau rien ne fut décelé.

    L’eau de la mare ayant été filtrée, ils tentèrent  à nouveau d’y remettre quelques canes et quelques poules d’eau mais ce fût un désastre tant elles furent effrayées, filant à toutes pattes afin de se sauver.

    Ils firent des battues, espérant là trouver peut être des braconniers, ou quelques prédateurs ou mauvais plaisantins mais là encore, ils rentrèrent bredouille et ne trouvèrent rien.

    L’enquête tournait en rond et plus les jours passaient, plus la rumeur enflait, chacun l’alimentant de sa petite histoire.  L’un disait avoir vu  de curieux feux follets au dessus de la mare : l’autre, une sorte d’hurluberlu, tout de vert vêtu, sautant  de branche en branche dans les grands châtaigniers ; Yvonne  elle,  affirmait que plusieurs nuits durant quand la pendule sonnait les douze coups de minuit, on frappait à sa porte  et  que quand elle l’ouvrait, elle n’y trouvait personne….. Même sa Jeanne  s’y mettait, affirmant que le soir elle entendait pleurer quelqu’un près de la mare.

    Jules était fort inquiet. En proie sans nul doute aux hallucinations, les gens de son village perdaient tous la raison.

    Quel était ce mystère qu’il ne pouvait percer !

    Avec Antoine, son vieil ami d’enfance, il décida de s’installer, un temps donné, sur le rivage,  dans la cabane du pêcheur. Jeanne tiqua quelque peu mais au regard de la cause, elle finit par céder.

    Le premier soir, ils ne virent rien et passèrent une nuit blanche. Le deuxième,  ils crurent entendre des rires mais n’aperçurent personne et eurent le sentiment que quelqu’un les épiait. Au troisième, quand la pendule marqua les 12 coups de minuit, ils virent  venir vers eux un curieux personnage aux oreilles pointues, tout habillé de vert. Nullement effrayé, l’étrange farfadet, se mit à sautiller et à gesticuler tout en baragouinant quelques mots inaudibles, d’une voix très aiguë quelque peu enfantine..

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    Quand ils s’en approchèrent, il ne se sauva pas  mais resta à distance, les observa un peu  puis sauta dans la mare et d’un coup disparût.

    Dans la journée, ils ne le revirent pas mais à l’ondulation de l’eau décélèrent sa présence.

    Le lutin vert ne se montrant point le jour, Jules et Antoine reprirent respectivement leurs occupations en journée, se retrouvant à la cabane que le soir à la nuit tombée. Voulant tous deux y voir plus clair et élucider l’affaire, ils se gardèrent bien d’en parler et même Jeanne n’en sût rien.   .

    Et chaque nuit, le petit  farfadet surgissait de la mare et réapparaissait s’approchant d’eux, toujours un peu plus près. Il se montrait espiègle, un tantinet farceur ne cherchant qu’à jouer, qu’à rire, qu’à s’amuser et quand ils purent comprendre, qu’en fait il s’ennuyait, qu’il faisait peur aux poules, aux poissons, à la cane de Jeanne, juste pour taquiner, tous deux furent rassurés. Pour lui donner un nom, ils l’appelèrent Green.

    Le mystère cependant pour eux restait entier.

    Bien qu’il n’y croyait guère, à la mairie Jules fouilla les archives afin de retrouver toutes ces vieilles légendes  qui entouraient la lande de nos  contrées bretonnes. L’idée était absurde, c’est ce qu’il se disait mais ce curieux p’tit homme ne ressemblant en rien à  des êtres connus, était tellement étrange !

    A force de chercher, Jules finit par trouver un manuscrit ancien qu’il ne pouvait dater, dans lequel on parlait d’une rivière d’argent, au pays de l’Arée. Dans cette rivière  toujours aux dires de la légende,  vivait une reine entourée de ses fées. Nul ne devait les voir, afin de préserver le secret du royaume. Un jour l’une d’entre elles enfreint sans doute la loi, en  parlant un instant  aux garçons du village. Quand la pendule annonça les  douze coups de minuit , elle fut donc bannie et jetée dans la mare  d’un village  avec ses farfadets aux oreilles pointues.  

    Quelques siècles plus tard, la rumeur courut qu’un pêcheur  l’attrapa et pour quelques pièces d’or l’a  céda à son maître qui fit construire dans la forêt d’Argoat, pour elle et pour ses elfes, un lac  tapissé d’or,

     Au bas du parchemin, il y avait des dessins où l’on voyait la fée  avec un farfadet à tout point ressemblant à Green.

    Le soir Jules confia à Antoine qui en resta sans voix, le fruit des ses recherches tout en se demandant s’il n’ perdait pas la tête.

    Green pointant le bout d’son nez, il lui montra le parchemin.

    En voyant son image et celle de la fée il  lui sauta au cou comme pour l’embrasser

    « Green, Green, Green  se mit il  à  crier, Green veut voir la fée pour retrouver les siens »

    « Mais tu parles, s’exclama le pauvre Jules complètement chaviré ! Alors tu nous comprends et ne nous disais rien nous laissant dans le noir »

    «  Bien sûr, que je comprends, je suis un Poulpiket de la race des génies et si je me suis tu c’est que j’ voulais être sûr que t’étais bien le messager qu’on m’avait annoncé »

    Green conta son histoire. Depuis plus de 1000 ans, il dormait dans la mare mais au dernier printemps il s’était réveillé, abandonné de tous, sans savoir où  sa fée et ses nombreux  amis s’en étaient tous allés.

    Jules se dit alors qu’au point où il en était, il n’avait d’autre choix que d’croire la légende . Il en parla à Jeanne et suivant ses conseils, convia tout le village, juste devant la mare pour leur conter l’histoire de Green, le Poulpiket.  Beaucoup furent incrédules mais quand ils virent Green, qu’ils purent lui parler, plus personne  ne douta. .

    Quelques jours plus tard, aidé des villageois qui l’avaient adopté, Green rejoignit les siens dans le lac d’Argoat et en fût très heureux.

    Et tout rentra dans l’ordre dans le petit village au pied des monts d’Arrée.  Dans la mare aux Poulpikets, barbotèrent les canards, croassèrent  les grenouilles et les hérons cendrés revinrent  s’y abreuver…

    Quand à la cane de Jeanne, à c’qu’en dit la rumeur, elle pondit des œufs d’or.

     

    Chloé

     

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  • Commentaires

    1
    Lundi 21 Novembre 2016 à 08:50

    Ah comme quoi soudain le réveil d'un être étrange peut faire des remous au village et dans la mare ! Merci Chloé, si tu as un oeuf en or de trop, fais moi signe; bises de jill cool

    2
    Lundi 21 Novembre 2016 à 09:30

    Bravo pour une fan des contes et légendes je suis comblée . En plus il se passe dans une région que je connais bien et que j'aime beaucoup .

    Bonne journée 

    Bisous 

    3
    Lundi 21 Novembre 2016 à 10:08

    SUPERRBE CONTE

    digne d'être édité !!

    4
    Jeudi 24 Novembre 2016 à 17:34

    Un beau conte qu'on pourrait raconter le soir dans les veillées comme autrefois .  J'ai bien aimé  § Bonne soirée

    5
    Jeudi 24 Novembre 2016 à 21:59

    Coucou Chloé

    Comme je tombe à chaque fois sur "tango...", j'ai loupé ce magnifique conte... heureusement que ton commentaire m'a mis la puce à l'oreille et du coup me voilà bien en retard  pour ce défi !

    Et je suis ravie de le découvrir !!! superbement bien écrit !

    Un grand bravo et merci

    Bisous

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    6
    Vendredi 25 Novembre 2016 à 10:58
    Josette

    ah j'adore ton histoire à la première occasion j'irai chercher cette mare dans les montagnes bretonnes pour rencontrer ce farfadet

    bonne journée et bises Chloé

    pardon pour mon retard

    7
    Vendredi 25 Novembre 2016 à 11:36

    J'adore !

    (et je suis sûre que tu t'en serais doutée.)

    Merci pour ce très joli conte, Chloé.

    Bises et douce journée.

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